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arkelpiercing@hotmail.com

 Archives 2000

 Janssen  Novembre - Décembre 2000

  L'instinct animal chez l'homme est menace

 La tendance à vouloir contrôler et perfectionner l'univers ainsi que soi-même est une des fascinations principales d'Anya Janssen: c’est même le thème constant de son travail depuis quelques années.

  A l'époque actuelle, où nous croyons que l’homme sera toujours supérieur à mère nature grâce aux manipulations génétiques et à la chirurgie plastique, nous sommes sans cesse confrontés à l'image de ce que nous sommes réellement: des monstres avec des pulsions animales.

  Mais, en tant qu'être civilisé et raisonnable, l'humain désire s’éloigner de ses émotions basiques. Posant un regard critique, Janssen tente de démontrer qu'il est probablement condamné à échouer.

  Dans la série Animal Urge, elle emploie son propre corps comme métaphore pour stigmatiser le côté incontrôlable de nos principaux caractères innés. Les corps nus semblent être régis principalement par l'instinct, l'envie et la crainte, exprimés par des réflexes animaliers tel que la chasse, l'affection, la survie.

  Dans cette optique, Anya Janssen représente l'homme comme une créature dont les actions sont davantage régies par l'instinct animal que par des pensées rationnelles. Réciproquement, par la suite, dans la série Animal Strategy, Anya Janssen est se concentre plutôt sur la limite entre le comportement réfléchi et les réflexes instinctifs.

  La caractéristique principale de son travail réside dans une production constante de séries thématiques. Elle crée ainsi sa propre évolution tout en restant fidèle au concept de mère nature. Mais elle prend parfois une direction futuriste, qui l'amène à s'extirper de la terre mère. Ceci peut être observé, par la suite, dans la série The Parliament of Monsters, où on la retrouve emprisonnée à l'intérieur de la toile du peintre.

  Confus et délaissés, nous sommes livrés à la postérité et à la science, tels des créatures ou des instantanés vivants, conservés dans du formol. Ayant été soumis à des manipulations génétiques nous sommes probablement devenus trop anormaux pour continuer à vivre. Mais, de temps en temps, un cri étouffé nous rappelle que c'est peut être l'animal dans l'homme et non pas l'homme, animal doué de réflexion, qui est le plus fort.

Shan Rage IX
140.000 Bef
Shan Rage VIII
140.000 Bef
Shan Rage X
140.000 Bef
Shan Rage VII
170.000 Bef
Shan Rage VI
140.000 Bef
Shan Rage V
140.000 Bef
Shan Rage XI
140.000 Bef
Displaced
7000 Bef
Headdip
18.000 Bef
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18.000 Bef
Headdip
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18.000 Bef
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18.000 Bef
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18.000 Bef


 Masters of Fetish Photography – Volume 3  Septembre - Octobre 2000

  La troisième édition de cette Anthologie déjà internationalement reconnue comme ouvrage de référence, rassemble, outre des photographes déjà célèbres, (Czernich, Lemaire, Mourthé, Newton, Watson) une nouvelle génération (Sandra Jensen, Christine Kessler, Six, Jean-François Soyez).Cela l'actualise et préfigure les tendances post-modernes de l'art fétishiste.

  En invitant Jürgen Boedt pour y présenter une collection exclusive de tirés à part qui lui ont été soumis pour la réalisation de cette anthologie, la Galerie Arkel rend hommage au génial concepteur de SECRET MAGAZINE.

  Il y a plus d'une décennie Jürgen Boedt sortit la culture fétishiste de l'ornière pornographique en lançant une revue dont les qualités éditoriales et le format équivalaient celles des magazines internationaux d'art photographique. Ce cheminement du porno vers l'art allait à la rencontre de l'intérêt des milieux d'art post-moderne pour les primitifs modernes et la redécouverte d'anciens rites corporels (lire France Borel).

  Remarquable aussi comment Jürgen Boedt, à travers l'étude de Gilles Deleuze et son hommage à la "Vénus en Fourrure" (1869) va reconnaître la renaissance du matriarcat. Cette exposition de documents exclusifs provenant d'Europe, des USA et du Japon ajoutera sans aucun doute au rayonnement de Bruxelles 2000.


 Navette  Juillet - Août 2000

  Plus qu'une simple visite entre l'imagerie religieuse classique et le graphisme genre old school de la culture American Tattoo, les oeuvres de Navette se savourent comme un véritable chemin de croix. Une iconographie dénuée de sens et de message privilégie des natures mortes en pleine crise de foi. Travail d'illustration réchauffant les âmes.

  Récemment diplômé en illustration à l'école Emile Cohl (Lyon), il jettera ses oeuvres aux yeux du monde à l'occasion de sa première exposition en notre "plat pays". Que le 3ième millénaire nous ouvre ses bras comme Jésus le fit jadis, et que Navette nous illumine des lumières glacées de ses icônes.

Vernissage le samedi 10 Juin à 19 h


 Goran Bertok  Mai - Juin 2000

  D'après Terry Eagleton, le sujet postmoderne, à l'encontre de son précurseur cartésien; découvre le corps devenant une partie constituante de son identité.

  "De Bahtin à Bodyshop, de Lyotard aux tricots de Leotard, le corps est devenu un des objets le plus importants de la pensée postmoderne". Qu'il s'agisse des parties corporelles découpées, des corps torturés, peintus ou fermés, des corps ascétiques ou pleins d'envies, la pensée contemporaine abonde en tels phénomènes, et probablement ce sont ces phénomènes qui représentent un des courants les plus caractéristiques de la pensée moderne et de la création artistique.

  Le corps représente une liaison entre la nature et la culture, et pour cette raison il est tracé soit par les faits physiques soit par l'environnement social. Dès le début, la création photographique de Goran Bertok est concentré sur le corps. Cependant son motif central est presque toujours installé dans une ambiance ou tous les détails faisant comprendre un contexte social, des relations humaines, sont exclus. Das ses oeuvres il existe une neutralité spacieuse de l'arrière-plan qui ne suggère qu'une ambiance froide et impersonnelle. De plus, elle effectue aussi une détermination de sens et évite des éléments narratifs qui pourraient placer ses figures dans un temps et un endroit historique. Ici on est témoin du rite intemporel dont la règle et le sens nous restent inconnus. On n'est averti ni de son but ni des caractères et d'histoire personnelle des protagonistes.

  Les photographies de Bertok sont - par leur propre disposition formelle - orientées vers la confrontation du spectateur avec l'image de l'homme, abandonné aux forces existentielles indéfinissables et au vouloir. Les conséquences sont bien vues et expressivement tracées dans son corps cependant il est plus difficile à démontrer leur connexion à la rationalité qui devrait les déterminer. Le spectateur fait face aux rites irrationnels dont les protagonistes demeurent des personnes anonymes et indéfinissables.

  Le tout est concentré sur le corps, sur la coupure, sur le cadre corporel étant l'objet d'un fait violent. Le plus souvent la violence s'effectue par la personne photographiée elle-même soit par un acteur invisible en dehors du cadre photographique. Les circonstances nous amènent à supposer qu'il s'agisse d'un fait de sacrifice (de soi-même) dont le sens et le but nous échappent. L'isolation et la solitude des protagonistes se peuvent comprendre métaphoriquement. La position des figures et l'ambiance elle-même dans laquelle on est pris, suggère des personnes rejetées qui vivotent en marge de la société. La plupart des figures est directement approchée du spectateur par close-up qui, d'une manière analogue à l'isolation médiévale avancée et à l'exposition de figures du courant narratif, fait diriger le spectateur vers une inspection plus proche et renforce la possibilité de l'identification.

  Le mysticisme chrétien du XIV siècle est bien connu par des exemples d'intériorisation, d'identification et d'évocation du passion du christ qui parfois ont amené à une vraie imitatio christi. C'est le cas de Heinrich Sus (mort en 1366) qui a prouvé son unification à Christ en entaillant les initiales du Christ dans ses seins. Des personnages en photos de Bertok par leurs propres actions de détériorer, de tracer des signes dans leur propre corps ou dans un autre, eux aussi suivent des buts rituels et sacrés. Toutefois il est difficile à déterminer des buts et à décrire le caractère précis de leurs actions. De toute façon, ces actions sont étroitement liées à une expérience érotique, à l'auto-érotisme qui se révèle d'une manière dénaturée sous la forme du sacrifice et de la violence.

  D'après Bataille, l'expérience mystique est fondée sur une expérience commune de l'offrande religieuse ou du sacrifice. Cela apporte au monde, soumis aux expériences du monde matériel, un élément qu'on ne peut pas trouver dans ces constructions, il n'existe qu'à la forme négative. Le sacrifice religieux est comparable à l'acte érotique, dans la mort du sacrifice se révèle un élément sacré apportant la sensation de la continuité d'être. Les actes des protagonistes en photos de Bertok font une partie d'un rite occulte et innomé, pénétré de violence, d'auto-érotisme et de sacré ce qui est renforcé par l'ambiance et par l'isolation de la figure humaine, toute seule, abandonnée aux actes d'autodestruction et de violence. Le caractère sublime dans les oeuvres de Bertok tire son origine de la dualité existante dans plusieurs rites religieux: l'attraction et la répulsion en même temps sont les conséquences du mystère, de l'action vague ce qui provoque les sentiments de répulsion et d'horreur et simultanément les sentiments d'attraction et d'évasion.

 Tomislav Vignjevic


 Thierry Gillet  Mars - Avril 2000

  Thirry Gillet, est né vers la seconde moitié du vingtième siècle dans une petite bourgade d'Europe de l'ouest, Berchem Sainte-Agathe, où le souvenir de cette vierge martyre est encore vivace.

  Elevé pourtant dans une maison coquette, avec vue sur le cimetière de Strombeek Bever, il préfère s'isoler de longues années dans un placard à balai avec ses jouets préférés et une foultitude de christs en croix, de chapelets et de saintes-Agathe empaillées.
Ce pesant héritage mystico-solitaire et le fait que cette localité ne soit qu'à quelques milliers de kilomètres des Carpates chers à Bram Stoker (créateur du personnage Dracula) et de l'Egypte, chère à Agathe Christie (Auteur de Mort sur le Nil et La mort n'est pas une fin parmi tant d'autres), nous laisse déjà deviner la direction que prendra le travail de ce créateur et nous démontre par la même occasion que le hasard n'existe décidément pas. C'est pourtant le plus grand des hasards qui confronte pour la première fois Thierry à une momie (son futur sujet de prédilection), dans un musée situé quelque part en Allemagne.

  Une momie sud-américaine provenant probablement d'Amérique du sud (et ligotée assise et non couchée debout comme en Egypte). La révélation, le lien évident avec le cri d'Edvard Munch (dont il ignorait pourtant encore l'existence à l'époque, mais qui deviendra plus tard son poster préféré) lui saute aux yeux.

  Comme Baudelaire qui haïssait le mouvement qui déplace les lignes, et jamais ne riait et jamais ne pleurait il prend la décision de consacrer sa vie à la beauté, à la vie, dans ce qu'elle a d'éphémère, à la mort, dans ce qu'elle a de définitif, ainsi qu'à l'immobilité de l'instant qui ne passe plus et le cri silencieux de la souffrance sans voix qui hurle dans la nuit froide du néant.

  Sortant définitivement de son placard à balais, il se lance alors dans des études artistiques qui le mèneront finalement à l'abbaye de la Cambre où il se consacrera à la cinématographie d'animation, art du mouvement par excellence. Ce choix peut sembler curieux, mais, toute démarche créatrice n'est-elle pas, après tout qu'un lent et long processus quasi schizophrénique visant à réconcilier les contrastes et les opposés contraires.

  MACABRE: adjectif.
Qui a trait à la mort; funèbre, sinistre. Plaisanterie macabre. Danse macabre.. au Moyen Age, allégorie peinte ou sculptée dans laquelle des morts décharnés ou des squelettes en plastique entraînent dans leur ronde des personnages de toutes les conditions sociales et de tous les âges.


 Vanina Vernaillen  Février - Mars 2000

  Cette jeune artiste intriguée et fascinée par l'art du tatouage a développé une réflexion sur la transformation du corps, une recherche de l'équilibre et de l'harmonie entre le corps et les différents signes extérieurs qui peuvent l'honorer, le compléter. En explorant les traditions ethniques et la philosophie orientale du tattoo, elle recherche une union entre le corps et la nature, le corps et l'esprit.

  Il n'est pas indispensable de connaître les origines historiques du tattoo. Pour apprécier son travail graphique, étant donné que les encrages illustrent plutôt la force tranquille d'un monde interne qui rayonne vers l'extérieur, et interpelle notre regard. Le tattoo offre quelque chose de plus au corps et donne des indices sur celui qui le port; une expression de ses propres recherches, aspirations ou sentiments, une symbolique personnelle adaptée à la tendance actuelle.

  Les tatouages recrées ici peuvent renforcer un caractère abstrait et laissent apparaître la nudité du corps dans une nouvelle dimension, suivant ses courbes et ses volumes.

  Dans un jeu de lumière tamisée clair/ obscur, de lignes et de masses, ses gravures confrontent des corps avec et sans dessin, où l'œil du visiteur perçoit différents plans, et découvre la forme qui s'y fond. Les portraits photographiques exposés renforcent cette recherche de l'identité d'une nouvelle génération en proie à des angoisses existentielles et comment elles se positionnent vis-à-vis du monde extérieur... Un "état d'âme".


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